À propos du Comité

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Aperçu du Comité sur la vulnérabilité

Il est fondamentalement évident que les changements climatiques présentent un risque important pour la sécurité des systèmes d’ingénierie et la sécurité publique au Canada et dans le monde. Les ingénieurs doivent donc aborder la question de l’adaptation aux changements climatiques dans le cadre de leur mandat premier, la protection de l’intérêt public, ce qui comprend la vie, la santé, les biens, les intérêts économiques et l’environnement. Les changements climatiques entraînent des changements importants dans les modèles statistiques météorologiques, ce qui déplace les fondements des données fondamentales de conception. Les réseaux d’infrastructure conçus à l’aide de ces données inadéquates sont vulnérables à la défaillance, ce qui met en péril la sécurité publique et économique.

Afin de relever le défi du changement climatique, Ingénieurs Canada et ses partenaires ont créé le Comité sur la vulnérabilité de l'ingénierie des infrastructures publiques en août 2005. Cofinancé jusqu'en juin 2012 par Ressources naturelles Canada (RNCan) et Ingénieurs Canada, le Comité sur la vulnérabilité poursuit ses activités en tant qu'importante initiative canadienne regroupant les trois paliers de l'administration publique ainsi que des organisations non gouvernementales. Il aborde de façon systématique et à grande échelle la vulnérabilité des infrastructures au changement climatique du point de vue du génie. Les travaux du Comité ont débouché sur la première évaluation nationale de la vulnérabilité de l'ingénierie des infrastructures publiques, publiée en juin 2008.

L’évaluation de la vulnérabilité de l’ingénierie et des risques constitue la voie permettant de s’assurer que les changements climatiques sont pris en compte dans la conception, l’exploitation et l’entretien des infrastructures civiles. Grâce à la détermination des éléments d’infrastructure extrêmement vulnérables aux impacts des changements climatiques, il est possible de mettre au point des solutions rentables d’ingénierie et d’exploitation.

L’évaluation est un processus structuré, systématisé et bien étayé permettant aux ingénieurs, aux planificateurs et aux décideurs de déterminer et recommander des mesures pour réagir aux vulnérabilités et aux risques dus à des changements provoqués par des phénomènes climatiques extrêmes et touchant des paramètres de conception climatiques et autres facteurs environnementaux. L’évaluation contribue à justifier des recommandations concernant la conception, l’exploitation et l’entretien et donne des résultats documentés qui remplissent les exigences de diligence raisonnable en matière d’assurance et de responsabilité.

Traditionnellement, les ingénieurs s’en sont remis à des données historiques pour concevoir des infrastructures durables sécuritaires et fiables, mais il leur faut aujourd’hui mettre au point de nouvelles méthodes de conception et d’exploitation pour résister à de nouvelles conditions climatiques. À l’heure actuelle, les modèles de changements climatiques n’ont pas la granularité nécessaire pour les échelles propres à un endroit qui sont utilisées dans la conception technique d’éléments d’infrastructures. L’évaluation de la vulnérabilité de l’ingénierie et des risques offre une méthodologie reconnue réglant le problème des incertitudes inhérentes aux projections des changements climatiques. Elle permet de déterminer les vulnérabilités et les risques clés sous une forme permettant aux ingénieurs d’exercer leur jugement professionnel pour faire des recommandations concernant la conception, l’exploitation et l’entretien des infrastructures.

Le protocole permet de réaliser un examen systématique des données climatiques historiques et de projeter la nature, la gravité et la probabilité d’événements et de changements climatiques futurs, de même que la capacité d’adaptation d’éléments d’infrastructure individuels en fonction de leur conception, de leur exploitation et de leur entretien. Il comprend une estimation de la gravité des impacts climatiques sur les composantes de l’infrastructure (c.-à-d. leur détérioration, leur endommagement ou leur destruction) afin de permettre de déterminer les composantes présentant le plus de risques et la nature des menaces posées par l’impact du changement climatique. On peut se servir de cette information pour poser des jugements techniques éclairés sur les composantes qui doivent être adaptées ainsi que la façon de le faire, p. ex. par des ajustements conceptuels ou la modification des procédures d’exploitation ou d’entretien.

On utilise le protocole depuis 2008 pour évaluer les risques dus aux changements climatiques et les vulnérabilités de multiples infrastructures canadiennes telles que les bâtiments (résidentiels, commerciaux et institutionnels), les réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées, les routes et les structures connexes (p. ex., les ponts et les ponceaux), les systèmes d’approvisionnement et de gestion des ressources en eau, la distribution d’électricité et les infrastructures aéroportuaires. Près de 40 évaluations des risques pour les infrastructures ont été réalisées en date du mois de novembre 2014.

Ingénieurs Canada recommande d’utiliser le protocole pour évaluer les risques des changements climatiques pour tous les types d’infrastructures et de s’en servir comme d’une pratique exemplaire qui fera bientôt partie de l’exercice régulier du génie. Il est disponible gratuitement en vertu d’un contrat de licence avec Ingénieurs Canada. Ce dernier fournit également des conseils techniques sur l’application du protocole à titre gratuit et offre des ateliers de formation selon le principe du recouvrement des coûts.